Projet de deménagement des pôles ressources : Informer n’est pas écouter

Regroupement à Villeurbanne : beaucoup d’informations, trop peu d’écoute

Le regroupement des pôles Ressources et SI à Villeurbanne entraîne, pour l’ensemble des salariés concernés, des changements d’organisation et d’environnement de travail. Pour les collègues installés au pôle ressource Oullins et au pôle SI à Gerland s’ajoute le déplacement de leur lieu de travail, avec ses conséquences sur les temps de trajet, l’organisation quotidienne et les équilibres personnels. Des inquiétudes s’étaient d’ailleurs exprimées, de manière informelle, avant même la réunion d’information du 11 septembre. Les salariés attendaient de ce rendez-vous plus qu’une présentation du projet : un vrai temps d’échange et de reconnaissance de ce que cette décision représente. Ce n’est pas l’impression qui domine.

Une réunion qui n’a pas tenu ses promesses de dialogue

Les salariés pouvaient espérer une rencontre en présentiel : elle s’est tenue en visioconférence, micros fermés, les questions renvoyées vers le chat. Ils pouvaient attendre que la Direction, au plus haut niveau, vienne assumer une décision qui bouleverse le quotidien d’une partie des équipes. Le Directeur général, qui avait pourtant invité les salariés, était absent ; le Président de PROMEOM, également. La présentation a été conduite par le Secrétaire général.

Une absence qui pèse

Cette dernière absence a une dimension particulière. Une large part des salariés concernés vient de l’ex-AGEMETRA, association que M. Martinod présidait avant la fusion, comme il préside aujourd’hui PROMEOM. Nous ne connaissons pas les raisons de cette absence. Mais les symboles comptent : au moment où une décision les affecte directement, celui qui représentait hier leur association n’était pas là pour l’expliquer et en assumer humainement les conséquences. Une fusion ne devrait pas effacer un historique.

Informer n’est pas dialoguer

Une visioconférence où la Direction présente son projet sans permettre aux salariés de prendre directement la parole relève tout au plus d’une information descendante. De nombreuses questions ont été écrites dans le chat, toutes n’ont pas trouvé de réponse. Plusieurs réponses n’ont pas levé les inquiétudes. Le paradoxe est d’autant plus frappant que la Direction met en avant le dialogue et multiplie les outils à cet effet : FAQ, ateliers, groupes relais, adresse dédiée. Mais l’écoute ne se mesure pas au nombre d’outils mobilisés.

La Direction met en avant la « co-construction ». Sa propre FAQ est pourtant claire : le regroupement à Villeurbanne est acté. Les salariés pourront au mieux peser sur les espaces, les usages ou le mobilier, mais il ne faut pas confondre co-construire une décision et participer à l’aménagement d’une décision déjà prise. Pour celles et ceux qui quittent Oullins, la vraie question n’est pas le mobilier de Villeurbanne : c’est de savoir comment cette décision va concrètement changer leur quotidien de travail.

Surtout être présent pour écouter les salariés

La FAQ évoque encore des difficultés « éventuelles ». Mais certaines ne le sont plus : elles existent déjà dans la parole des salariés. « Le projet n’a pas pour objectif de dégrader les conditions de travail », affirme la Direction. Encore heureux, mais ce n’est pas la question : un projet peut produire des effets négatifs sans que personne ne les ait cherchés. Les salariés ne réclament pas un « hélicoptère ». Ils demandent simplement que les conséquences concrètes d’une décision soient prises au sérieux. Le projet est acté ; encore faut-il maintenant créer les conditions pour qu’il se déroule correctement.

Pour le SNFOMTSIE, cela suppose un véritable accompagnement humain : prendre en compte les difficultés, reconnaître les impacts sur les personnes et leur équilibre de vie, et construire des réponses adaptées. Avant de demander aux salariés de devenir acteurs du changement, la Direction doit commencer par être présente pour les écouter.

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