Un choix politique et démagogique du patronat.
Lors de l’Assemblée générale de PROMEOM du 5 janvier 2026, les adhérents ont voté une cotisation 2026 à double tarification : 106,50 € pour les entreprises de moins de 50 salariés et 110 € pour celles de 50 salariés et plus (la cotisation moyenne nationale pour 2026 est fixée à 116 €).
Pour FO, ce vote est grave, car il inscrit notre association dans une deuxième année consécutive de trajectoire déficitaire, en consommant des marges financières qui devraient au contraire sécuriser l’activité et permettre d’investir.
Pour information, le coût annuel de notre cotisation pour un employeur représente 0,35 % du salaire brut moyen annuel. Ce n’est pas insurmontable, c’est un choix politique.
Une « double tarification » contestable
Concernant l’offre socle, le Code du travail pose un principe clair : la cotisation doit être proportionnelle au nombre de travailleurs suivis, chacun comptant pour une unité.
Autrement dit : à salarié suivi, logique de financement identique. La cotisation n’a pas vocation à varier selon la « situation » de l’entreprise adhérente, mais à financer un service commun, impartial, et d’égale qualité.
FO le dit clairement : cette double tarification n’est pas un simple détail technique, c’est une orientation idéologique qui fragilise l’équité du financement de l’offre socle et ouvre la porte à une logique de « clientélisme tarifaire » incompatible avec l’esprit du SPSTI.
La parole patronale : signée au national et au régional (CROCT), contestée au local
Au niveau national, les organisations patronales MEDEF, CPME et U2P ont signé l’Accord National Interprofessionnel du 9 décembre 2020 relatif à la prévention renforcée et à une offre renouvelée en santé au travail. Ce principe a été réaffirmé par l’ensemble des partenaires au niveau régional.
Et localement, on viendrait nous expliquer que les principes de financement et d’équité pourraient être « réinterprétés » selon les intérêts du moment ?
Cela pose la question de la valeur de la parole et de la signature : le patronat signe des orientations nationales… puis il fait localement des choix qui fragilisent le service et mettent en cause l’esprit « per capita ».
Fusion : des engagements à ne pas réaliser d’économies …
Lors de la fusion, les conseils d’administration avaient assuré que la fusion n’avait pas pour objectif de « faire des économies sur le dos des équipes ». Aujourd’hui, les décisions budgétaires portant sur la cotisation nous interrogent.
FO le dit fermement : la facture ne doit pas être payée par les salariés.
Une rupture de confiance et une injonction paradoxale
Ce montant de cotisation non conforme a été porté par le collège employeur MEDEF/CPME/U2P avec le soutien d’un administrateur salarié CFE-CGC. Cela malgré les alertes du bureau du Conseil d’Administration, des organisations syndicales des salariés, de la direction de PROMEOM et contre l’exigence élémentaire d’équilibre budgétaire.
FO le dit sans détour : nous constatons une rupture de confiance au niveau de la gouvernance. La présidence est censée garantir la solidité et la continuité de l’association. Pas la mettre en déficit.
Et pendant ce temps, sur le terrain, nous avons l’injonction de « faire plus avec moins ». FO répond « non ». Parce que « moins » signifie budgets contraints, recrutements freinés, investissements gelés… et in fine une santé au travail et une prévention dégradées.
Derrière cette cotisation 2026 : une logique de rendement qui menace le sens du SPSTI
Localement comme nationalement, nous voyons monter une volonté patronale d’imposer aux SPSTI une logique de performance comptable : faire du chiffre, « optimiser », produire davantage avec moins de moyens.
FO alerte : ce type de stratégie mène exactement aux mêmes impasses que celles déjà vécues ailleurs : salaires qui stagnent, départs non remplacés, dégradation des conditions de travail et du service rendu, perte de sens au travail, altération de la marque employeur (difficultés accrues de recrutement).
La santé et la prévention ne sont pas un centre de profit. Ce sont des missions. Et ces missions doivent être financées.
Et maintenant ?
FO agit avec l’intersyndicale et mobilise toute sa structure nationale pour défendre les salariés de PROMEOM afin de préserver nos métiers. Nous vous tiendrons informés de la suite.
Parce qu’une chose est certaine : nous n’accepterons pas que les salariés de PROMEOM deviennent la variable d’ajustement d’une posture idéologique et politique patronale.