Pourquoi FO n’a pas signé
Dans le cadre des travaux d’harmonisation post-fusion, la direction a proposé et débattu avec les délégués syndicaux, un nouvel accord relatif « aux salaires et primes ».
Cet accord se substitue à l’ensemble des accords, notes de services, engagements unilatéraux et usages en matière de rémunération.
En l’état des négociations et des propositions de la direction, FO et ses adhérents ont fait le choix clair d’être la seule organisation syndicale représentative à ne pas signer cet accord.
La position de FO sur les primes
FO le répète depuis toujours : le salaire, c’est du durable. Les primes, c’est du variable. Les primes ne peuvent donc pas être considérées comme un élément pérenne de salaire. Elles ne doivent, par principe, devenir un moyen de rémunérer une mission permanente.
Pourquoi cette position ? Quand une partie du salaire (prime) dépend d’un objectif, d’une appréciation managériale, d’un dispositif qui peut être redéfini… le salarié est placé dans une relation de dépendance : une part de sa rémunération peut varier au gré des décisions de l’employeur.
Soyons clairs : une prime, ce n’est pas un droit aussi solide qu’une augmentation de salaire. Elle peut être réduite, requalifiée, absorbée, supprimée si la Direction change de cadre, de politique ou de stratégie.
Une autre façon de le voir c’est le fait de dire que le revenu devient conditionnel. Et quand le revenu devient conditionnel, un rapport de force s’installe entre l’employeur et les salariés.
On retire maintenant, on promet de donner après
Le texte que nous n’avons pas signé met fin à plusieurs dispositifs et primes, notamment :
- le dispositif de prime variable annuelle de l’ex-AST Grand Lyon qui est renvoyé à une « réflexion » ultérieure pour définir un nouveau dispositif ;
- suppression des primes liées à des missions de coordination, d’expertise, de référents métiers, de renfort / remplacement, etc. ;
- suppression, pour certaines catégories, de la prime de doublage à compter du 31 mars 2026.
Ce que l’accord prévoit pour compenser cette perte :
- Le dispositif de prime variable annuelle est remplacé par un renvoi à une « réflexion » ultérieure pour en définir un nouveau ;
- Concernant les missions auxiliaires, il annonce une harmonisation : rémunération à 5 % de la Rémunération Minimum Annuel Garantie (référence branche) et une limitation à deux missions à compter du 1er janvier 2026.
Le message est limpide : le cadre change, et ce changement se fait d’abord dans le sens de la réduction / suppression, avec des « discussions futures » qui, elles, ne sont ni garanties ni chiffrées. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.
FO refuse une suppression « à perte » — sans garantie de compensation
Certains pourraient nous taxer d’incohérence « FO critique les primes, mais refuse un accord qui les supprime ». En réalité, la ligne FO est bien plus cohérente et responsable qu’elle n’apparait :
- FO critique le principe des primes quand elles remplacent le salaire et créent de la dépendance ;
- Mais FO ne peut pas faire comme si, dans la réalité, certaines primes n’étaient pas devenues un complément de rémunération récurrent, dans la majorité des cas intégré au budget des salariés.
Or, en l’état, l’accord (que nous n’avons pas signé) supprime / transforme des éléments de rémunération qui étaient versés régulièrement sans garantir noir sur blanc qu’il n’y aura aucune perte et sans compenser durablement toute baisse, par exemple, via une augmentation de salaire.
FO ne peut signer un accord qui peut se traduire par “on enlève une partie du revenu, et on verra plus tard comment on compense.”. Parce que “plus tard” n’est ni un droit, ni une garantie.
Transformer le variable en fixe, sécuriser le revenu
FO ne « défend » pas les primes par principe. FO défend le pouvoir d’achat et la sécurité du revenu. Donc nous continuerons de porter des exigences simples et justes :
- Quand une prime est devenue une composante régulière de la rémunération, nous demandons sont intégration au fixe (ou, a minima, de la sécuriser dans un cadre clair) ;
- Dans le cadre de mise en place de prime exceptionnelle ou ponctuelle, nous demandons que celle-ci soit établie sur une base juste et équitable.
Harmoniser, oui mais pas à n’importe quel prix
FO est prêt à travailler à une harmonisation cohérente : plus lisible, plus équitable, plus protectrice.
Tant qu’il n’y aura pas de garanties écrites, chiffrées, et pérennes (notamment via du salaire), FO ne cautionnera pas une suppression d’éléments de rémunération qui pèse sur le quotidien de nombreux collègues.